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24 Oct

Ce qui me fait rester ici et comment je m'investis

Publié par CHRS "le Grand Saint Jean"  - Catégories :  #abstinence cure le grand saint jean

Ce qui me fait rester ici et comment je m'investis

Quelques témoignages...

Tout d'abord, je reste ici afin que je puisse renforcer mon abstinence à l'alcool, ce qui me permettra ensuite, mon autonomie. Lors de mon alcoolisation au mois de septembre, j'ai pris conscience que je ne peux pas gérer mes consommations, donc, je me dis que je ne dois plus boire du tout. J'ai trente quatre ans, fini les conneries, je compte bien reprendre une vie saine, sans produits. Je dois me consolider psychologiquement afin d'être au clair dans ma tête, pour me sentir bien, telle que je suis et par la suite rencontrer un homme qui ne consomme aucun produits, pouvoir avoir des enfants, une vie de famille. Je pense qu'en restant ici cela va me permettre de me concentrer sur moi-même, car, le fait qu'il n'y ait que des femmes est une aide suplémentaire. Grâce à ce centre, je vais pouvoir mettre en place mon projet qui est d'avoir un logement pour me permettre de confronter le quotidien à l'extérieur car, par la suite, je souhaiterai me rapprocher de ma fille. Donc, avoir mon logement, un travail, et d'avoir une meilleure relation avec ma fille qui va être maman d'un petit garçon. Je tiens à partager ce moment merveilleux avec elle, mais, pour cela je dois absolument me renforcer davantage dans mon abstinence à l'alcool, poursuivre mon travail effectué lors d'une précédante post-cure. Et, je compte bien que ce soit ma dernière étape.

Au début de mon séjour je ne connaissais pas trop le système de fonctionnement donc je n'étais pas trop investis. Je ne comptais pas rester une éternité car dès le début c'était pas de sorties, pas de portable pendant un mois, ça commençait bien. Ensuite les sorties étaient autorisées les jeudi après-midi et les weeks- ends. Le moral commençait à aller un peu mieux et mon adaptation commençait à se faire peu à peu, je m'intégrais dans tout. Les rendez-vous avec la psychologue étaient présents mais ça ne me faisait pas grand chose. Les ateliers "dépendance" donnent beaucoup plus à réfléchir et à me motiver dans l'abstinence totale de l'alcool. Les randonnées sont sources de décompression, de pouvoir évacuer le stress de la semaine. Puis il y a l'association " Vie Libre" dans laquelle je me suis intégrée et c'est un bien- être de pouvoir discuter avec eux. Plusieurs fois depuis mon arrivée au "Grand-Saint-Jean" j'ai voulu tout plaquer car j'en avais marre de cette vie mais c'était sur un coup de tête et je savais très bien que je ne voulais pas en rester là et que j'avais encore du travail à faire sur moi pour pouvoir trouver l'abstinence totale. Ca n'était que des moments durs ou il s'agissait de passer le cap et pour ce faire, il suffisait simplement d'en parler avec la bonne personne. A ce jour je suis à dix huit mois de séjour, j'ai acquéris mon logement et une nouvelle vie s'offre à moi mais je ne compte pas abandonner certaines personnes qui peuvent toujours m'aider dans mon futur avenir qui restera toujours un combat éternel.

Aprés une periode d'adaptation de deux mois je prends conscience de la nécessité de rester au CHRS pour appronfondir un projet thérapeutique basé sur une abstinence heureuse. Chaques jours je me remémore les réunions de "vie libre" car chaque personne me donne à voir une vie sans alcool où elle est heureuse. J'ai encore peur de la vie a l'exterieur, alors je travaille sur ma relation avec l'alcool, qui jusqu'à présent m'aider a vaincre la solitude. Au centre, j'apprends à occuper mon temps avec des activités manuelles qui me montrent un potencielle créatif que je pourrais plus tard utiliser pour occuper mes journées. Je décide de rester au centre, car j'y trouve de l'aide de la part des groupes dépendances et les groupes de paroles qui libérent des frustrations ammenées par l'abstinence. Les limites imposées (se lever, ménage journaliers, manger à des heures régulieres) sont bénéfiques pour reprendre une vie classique.

Mon séjour au "Grand St Jean" m'a permis d'évoluer positivement face a mon addiction à l'alcool, et ce grâce à l'équipe éducative et le cadre du CHRS. Je suis arrivée au centre avec ma fille dans une très grande souffrance psychologique. L'alcool m'a fait perdre le sens des réalités, des verités et je me suis perdue dans ce monde trop grand pour moi. Le temps passait au centre, mois aprés mois, m'a fait prendre conscience que la vie n'est pas un long fleuve tranquille mais qu'elle vaut tout de même la peine d'être vécue et surtout sans produits. J'ai appris à gérer mes émotions, à garder un certain self control face à la maladie alcoolique et à la vie en communauté. Au fil du temps, mes souffrances se sont attenuées, apaisées, mais quelque part il y aura toujours au fond de moi un mal être et là je dois vivre avec. Je suis maintenant dans une phase de stabilisation et c'est très important de pouvoir partager ses émotions avec des gens qui vous comprennent, vous entourent, vous écoutent, et de prendre en chacuns d'eux le meilleur parti de ce qu'il en ressort. Là, je peux dire que j'ai avancé et que j'avancerai encore.

En arrivant au "Grand St Jean", je ne m'attendais à rien. Ce lieu de vie à part m'a permis de réapprendre à vivre libre de mes addictions. Je suis aujourd'hui libre de vivre pleinement mon quotidien, l'éducation de mes enfants, ma réinsertion professionnelle, mon autonomie, mon couple et tant d'autres choses aussi bien importante que futiles. Aujourd'hui, j'en suis arrivée là car j'ai choisis de rester ici, au GSJ. C'est un lieu qui peut être diabolisé lorsque l'on est dans ses murs, mais il nous aide pourtant. Il nous remobilise chaque jour, avec des gestes du quotidien, nous fixe des objectifs personnalisés sur notre séjour. Il nous donne confiance en nous et en la vie pour nous montrer que l'on en est capable. Tout ça avec le soutien de nos enfants, que l'on en ai ou pas, car au final, nous recréons une famille où chacune d'entre nous a une place bien à elle. Je sais pourquoi j'y suis restée et pourquoi je suis toujours là malgré le fait que je sois sur un départ. Le centre m'a permis de me sauver la vie en me permettant de me soigner, me loger, me soutenir. Aujourd'hui, je suis une nouvelle personne, je suis moi.

Le réglement impose beaucoup de restriction, de privations. Le premier mois sans sorties ni portable est de vigueur pour nous couper de l'exterieur et nous mettre au vert. La premiére semaine est celle du repos. Pas d'obligations de tâches. Car oui, ce centre s'auto gére car il n'y a pas de personneL d'entretien, ni de cuisinière, ni de gardes d'enfants... J'étais surprise, malgré avoir été renseignée sur ce centre, du travail à réaliser ici. Tout le monde s'agitait autour de moi, et j'ai ressentis un sentiment d'être non utile. J'ai compris qu'il fallait que je m'adapte au mieux à ce nouveau fonctionnement. J'ai dû prendre des repères dans la maison et me creer une place au sein du groupe. Cela n'a pas était de tout repos. La vie collective est difficile, mais enrichissante. Je pense que mon enfant est d'une grande aide pour moi. Elle me redonne la joie de vivre et le goût d'avancer. D'ailleurs, malgré un cadre rassurant, je trouve que l'on nous infantilise un peu trop et que l'on oublie que l'on a déjà eu pour la plupart, d'autres enfants. Les semaines passent et l'on en apprend tous les jours. Les frustrations et les rires rythment nos journées. Je dois avouer qu'au début et encore maintenant, il est dur de se reveiller à 7heure du matin. Les sorties et les activités me permettent de retrouver des moments de plaisir et un certain sentiment de liberté, important et très plaisant.

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cynthia gress 03/12/2012 23:05

courage a toutes ses femmes qui se battent contre lalcoole

À propos

Un chrs spécialisé en addictions (alcoolo-dependance) qui accueille des femmes et leurs enfants de moins de 6 ans