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28 Oct

Je parle de ma dépendance !

Publié par CHRS "le Grand Saint Jean"  - Catégories :  #chrs alcool temoignage

TÉMOIGNAGE ANONYME

Comment en suis-je arrivée à l'alcool ?

Vie conjugale difficile avec brutalité et infidélité, perte de personnalité, de confiance en moi !

Histoire de ma vie, depuis l'enfance, dure. Perte de mon père à l'âge de 9 ans, manque d'affection maternelle.

Rejet de la société !

Isolement !

Surplus d'évènements insupportables!! Rechutes !

Tourner le dos à la réalité! Préférer la bouteille !!

Incapacité à affronter certains évènements marquants !!

Négative et pessimiste!!

Égarée dans cette vie!!! Envie d'évasion dans l'ivresse !

Plusieurs cures de sevrage, Échecs!!!

Finalement j'ai connu le Grand Saint-Jean

Merci à l'équipe !!!

TÉMOIGNAGE ANONYME

Je suis dépendante à l'alcool depuis 2007. Après je suis devenue dépendante à la cocaïne et du cannabis en 2008. Il y a des jours ou je mélange toutes les drogues. C'est ensuite tous les jours, le matin et le soir.

Quand j’étais dans le produit j'avais l'impression que ma famille ne m'aimait pas. Mon entourage d'amis sont tous dans les produits.

Quand j'ai connu le père de ma fille en 2012 j'ai diminué ma consommation mais depuis qu'il est rentré en prison j'ai de nouveau reconsommé et même augmenté ma conso par rapport à avant.

Même dans mon travail en gagnant 1600 euros par mois, je dépensais tout dans la consommation. Mais en étant enceinte de ma fille, j'ai diminué la consommation. Quand ma fille a eu 2 mois je l'ai confiée à ma mère, je suis retournée encore et encore dans la consommation. Ça m'arrivait même de boire de l'alcool dans le magasin sans l'acheter.

Maintenant depuis que je suis ici, pendant une semaine le produit m'a manqué, je transpirais la nuit. Maintenant j'y pense plus dans ma tête. Je regrette de ne pas m’être soignée avant mais je l'ai compris trop tard.

Avant je ne m'occupais pas de ma fille, je ne jouais pas avec elle. Aujourd'hui je me rends compte qu'elle a besoin de moi. Je dis "non" à l'alcool. Même si maintenant on me propose quelque chose je dirais non. Je n'y pense plus, ça me dit plus rien dans ma tête.

Avant j'étais une mère indigne, aujourd'hui je veux être "une bonne mère", je veux récupérer tout ce que j'ai perdu avant.

Avant je dormais pas la nuit il fallait que je fume mon cannabis. J'étais devenue agressive.

Grâce au centre et à l'aide que l'on me donne ici, j'ai oublié ça dans ma tête. Ma famille est fière de moi, par rapport à l'effort d’être venue ici. Avant je ne voulais pas le faire, cette fois-ci j'ai décidé de le faire toute seule.

Le père de ma fille est aussi fier de moi. Avant j'écoutais personne, j'écoutais que l'alcool, la drogue, je m'occupais pas de moi.

Je sais qu'il me reste du travail à faire, c'est dure, mais je vais aller jusqu'au bout de mes projets.

Je remercie tous les éducateurs, et la maison qui m'a ouvert la porte pour ma fille et moi. Et mon assistante sociale qui m'a aidé à venir jusqu'ici. Je me suis rendue compte que c'était pour mon bien, je n'ai pas honte de dire que je suis alcoolique, maintenant je dis non et c'est pour mon bien.

Je veux plus détruire ma vie, je veux faire ma vie qu'avec les gens qui m'aime.

Maintenant c'est NON.

NON alcool, NON cannabis.

TÉMOIGNAGE ANONYME

Quand j'ai découvert l'alcool il a été mon sauveteur de mon mal être. Et puis petit à petit il est rentré dans mon rituel de tous les jours. Jusqu'au jours où je ne pouvais plus me passer de lui. Et de là ce n'étais plus mon sauveteur mais mon pire ennemi. J'étais l'esclave et la bouteille mon maître. A cause de l'alcool j'ai connu l'enfer en étant dans la solitude, l'enfermement.

Il m'a aussi retiré ma petite amie.

Il est arrivé à mettre toute une famille dans le désespoir.

Pour résumer ma flamme de vivre s'était éteinte, il a été la pire destruction de ma vie.

Aujourd'hui se ne sont plus des larmes qui coulent mais des sourires de joie de vivre, je peux dire oui je suis heureuse d’être sur cette terre.

Je sais que l'alcool ne m'oubliera pas, mais j'espère ne plus jamais lui permettre de me détruire.

Je préfère mon bonheur que j'ai aujourd'hui que cette bouteille diabolique.

TÉMOIGNAGE ANONYME

L'alcool est entré dans ma vie à l'age de 12 ans...1 bouteille de vodka en 1 heure puis est reparti tout en restant tapis au fond de moi. Il avait, déjà là, l'effet pansement, oubli et sournoisement il avait offert à mon corps et à mon âme ce qu'il réclamait pour survivre à l'enfer.

A 20 ans, de rencontres en rencontres, de fêtes en fêtes, en recherche factice de reconnaissance, de fausses amitiés, l'alcool et la drogue sont devenus mes amis. A penser que l'on m'aimait ainsi il est devenu ma canne, mon double et je me suis perdue, laissant une place immense à son pouvoir dévastateur.

De médicament il est devenu ennemi quand ma fille est venue en ce monde. Là on m'a dit "Tu es malade". Abstinente le temps qu'il fallait pour ne pas mettre encore plus en danger ce mini moi j'ai tenu bon mais la dépendance s'était installée. Plus de festivité car j’étais cataloguée "Mère/Alcoolique", j'ai donc bu en cachette rendant ma dépendance honteuse, culpabilisante, et dégradante...Le fond du gouffre en solitaire.

De cures en cures, d'hospitalisations en hospitalisations jamais je n'ai baissé les bras pour le chasser hors de moi mais il est toujours revenu. Cette chose que même la pire épée de Damoclès ne peux m'empecher de stopper m'amène inéluctablement à la destruction intérieure et extérieure.

Bonne étoile, amour de ma fille, envie de vaincre, mains tendues m'ont amené au Grand Saint-Jean et aujourd'hui je me suis retrouvée ou peut-être simplement trouvée. La parole, le travail sur moi, l'acceptation du passé, l'acceptation d'un avenir hors-norme et différent, la remise en cause d'une vie que je peux changer pour éloigner le mauvais et rapprocher le bon est dans ma tete comme une évidence.

Vivre, rebondir, etre heureuse avec moi tel que je suis, etre heureuse avec les personnes que j'aime, apprécier l'instant présent...Vivre avec cela...Voilà ce que j'ai appris ici.

Je parle de ma dépendance !
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À propos

Un chrs spécialisé en addictions (alcoolo-dependance) qui accueille des femmes et leurs enfants de moins de 6 ans