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18 Jun

En focus du Journal de la FNARS Rhône Alpes

Publié par CHRS "le Grand Saint Jean"

Voila un travail de réflexion et de recueil de témoignages qui portera ses fruits au delà de notre CHRS.

La FNARS (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale) regroupe 870 associations de solidarité et organismes qui vont vers et accueillent les plus démunis. A travers un théme sur la santé, nous avons participé au journal.

Bonne lecture

PS: Veuillez excuser la mise en page des feuilles 7 et 8, qui pour des raisons techniques est peu artistique...

En focus du Journal de la FNARS Rhône Alpes
En focus du Journal de la FNARS Rhône Alpes
En focus du Journal de la FNARS Rhône Alpes
En focus du Journal de la FNARS Rhône Alpes

page 7

Le week-end, je dormais, m'isolais pour qu'ils

ne me voient pas dans cet état. Je gardais ce

mal être pour moi, j'ignorais que c'était une

maladie. Je pensais être faible, incapable de

m'arrêter, menteuse, honteuse.

Le temps a passé, les enfants sont partis

vivre leur vie, je me suis retrouvée seule, face

à moi-même. Ça a été la dégringolade complète,

à ne plus pouvoir aller travailler. J'ai

commencé à faire des cures, suivies de rechutes.

Là, j'ai appris que c'était une maladie dont

on ne pouvait guérir seule. J'ai appris que le

sevrage physique est rapide, mais le sevrage

psychique est long.

Au bout de trois ans de rythme infernal où

il n'y avait plus que l'alcool qui comptait,

j'ai eu la chance d'arriver dans un CHRS

spécialisé en addiction, où enfin, j'ai pu travailler

sur moi-même. Je sais que ma guérison

va prendre du temps mais je reprends

doucement goût à la vie."

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"Mon addiction a commencé à l'adolescence,

à ce moment là je ne pensais pas être

addicte. J'ai commencé à boire, fumer, prendre

des drogues douces puis dures, pour

enlever ma timidité, mes angoisses, mes

complexes et pour aller vers les autres, me

sentir aimée.

Mais plus les années passaient et plus je

consommais, je ne pouvais plus me passer

de tous ces produits alors que je sentais que

ca me détruisait.

Mes parents m'ont envoyée en cure. Je les ai

détestés, car au fond de moi, je n'étais pas

prête à arrêter. Dans cette cure, j'ai rencontré

un homme, on est resté six ans ensemble,

on a eu un enfant et 6 mois après

l'accouchement tout a basculé, avec mon

compagnon ça n'allait plus, je me sentais

très mal.

Un soir je suis sortie, et là j'ai pris de l'alcool,

des cachets, de la drogue. Je me suis

retrouvée dans le coma deux jours, à l'hôpital.

Puis, mes parents m'ont faite hospitaliser

en psychiatrie. Une semaine après, on m'a

dit que mon fils était placé et c'était le cauchemar,

j'avais perdu mon ange, j'étais

anéantie. Maintenant, je fais tout pour m'en

sortir, mon fils est toujours placé, je me bats

pour le récupérer.

Trois ans après, je suis arrivée au Grand

Saint-Jean, enceinte. J'ai accouché d'une

petite fille qui a maintenant un an. Je suis

auprès d'elle, je la vois grandir et je suis de

nouveau enceinte.

Grâce au CHRS, à mes parents, à mes nouvelles

amies, je m'en sors petit à petit, pour

donner à moi, à mes enfants un bel avenir."

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"Je me souviens très bien du jour où je suis

sortie du déni face à mon addiction à l'alcool,

c'était suite à une rupture amoureuse.

J'ai pris conscience que j'avais un problème

d'alcool et qu'il était envahissant. Il me

sabotait physiquement et psychologiquement.

Je venais de perdre l'amour de ma vie, l'alcool

en était le responsable, l'alcool et moimême

ne faisions plus qu'un. Il passait

avant tout. Je ne parvenais pas à me détacher

de lui, malgré les ravages qui commençaient

à émerger : perte d'un être cher, de

ma capacité à être mère et femme, perte de

mon travail, perte de contrôle…

Malgré ma sortie du déni, je suis restée

dans la consommation de nombreuses

années. Des cures ont suivi mais avec des

rechutes. Jusqu'à ce jour où ma jumelle,

aussi addicte à l'alcool, n'a pas survécu à ce

fléau.

page 8

Ce drame a failli me laisser la rejoindre,

mais grâce à l'accompagnement du Grand

Saint-Jean, avec beaucoup d'aide, de travail

sur moi-même, je suis aujourd'hui abstinente

depuis 9 mois. Je vis avec cette addiction,

mais je l'accepte. Je n'ai plus honte de moi, je

ne me sens plus coupable du décès de ma

soeur. J'ai retrouvé l'estime de moi-même, le

goût de vivre, une certaine confiance, et mes

enfants, ma famille se sont rapprochés de

moi et sont fiers de mon parcours.

Cette maladie fait partie de moi, mais mon

regard se tourne à présent vers un avenir

riche, serein et sobre afin d'apporter à mes

enfants et moi-même équilibre et joie."

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"Quand l'alcool devient la priorité, votre vie

et celle de votre entourage en subissent les

conséquences. Je l'ai vécu cet enfer, je n'arrivais

plus à vivre sans ma bouteille, c'était

mon diesel, ma survie. J'étais seule au

monde et pourtant mes parents faisaient

tout pour m'aider. Je souffrais terriblement,

mes parents aussi.

A la maison l'atmosphère qui régnait c’était

l'angoisse, la peur, les pleurs. Les personnes

que j'aime le plus ont vécu l'enfer à cause de

moi. Je me sentais coupable de tout ça.

L'alcool détruit tout à un moment ou un

autre."

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"L'addiction m'a amené à vivre des choses

difficiles : la peur du placement de ma fille,

la perte de mon emploi qui a entraîné un

manque de confiance en moi. J'ai déçu mon

entourage, perdu leur totale confiance. J'ai

douté sur l'éducation de ma fille en étant

dans le produit, je ne l'ai pas vue grandir.

J'ai ma santé qui se dégrade, une défaillance

au niveau financier.

Je suis obligée de me soigner loin de mes proches,

afin de vivre normalement sans produits.

J’ai eu des moments de doutes, je me

suis sentie seule, j'ai vécu la perte d’amis.

Maintenant je dois reprendre confiance en

moi pour ensuite réintégrer une vie sociale

dans une page à tourner, pour créer de nouveaux

projets. Je dois travailler mon autorité

envers ma fille, son éducation, notre relation.

Je souhaite emménager avec mon compagnon

et nos enfants respectifs. Je veux

prendre confiance en moi , retrouver une vie

professionnelle stable, avoir une vie sociale."

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"Tout a commencé car mon copain me battait,

me détestait et m'a trompée. Par la

suite un mariage que je ne voulais pas avec

un cousin proche, puis des problèmes familiaux,

la dépression. Ensuite, avec une copine

qui partait acheter de la drogue dure sur

Genève, je me suis retrouvée dans la drogue

en la goûtant une fois.

Puis c'est devenu une addiction. Jamais je

n'aurai cru tomber dedans. J'ai commencé à

25 ans, je me suis retrouvée dans une post

cure. J'ai eu une fille avec un homme que

j'aimais, en qui je croyais.

Ensuite beaucoup de galères, le placement de

ma fille. J'ai dormi dehors, vendu des produits

pour en racheter, volé, alors là on réfléchit.

Cette troisième cure, je la fais pour moi et

ma fille. Aujourd'hui, je suis plus forte, je ne

pense plus aux produits, la force de ma fille,

de mon entourage m'aident.

Je pense y arriver. Je commence seulement

mais j'y crois, ma fille m'a fait réfléchir, pour

ne pas la perdre complètement. Je suis là et

j'y resterai jusqu'à la fin."

Témoignages de Solenn, Ludivine, Christine, Christel,

Florence, Elodie, Sherifa, Nadège, accueillies au CHRS Le

Grand Saint-Jean à Saint Péray (07)

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À propos

Un chrs spécialisé en addictions (alcoolo-dependance) qui accueille des femmes et leurs enfants de moins de 6 ans